"L'AFFAIRE BLAIREAU" de Alphonse Allais

L_Affaire_Blaireau

Avez-vous entendu parler de l'affaire du 19ème siècle ? Bien sûr que non, vous n'étiez pas nés… Je vais vous en parler…

« L'affaire Blaireau » est l'histoire d'une erreur judiciaire, mais je précise que ce n'est qu'une fiction. C'est un tableau particulièrement acerbe de la justice du XIXème siècle. Plus d'un siècle après, on s'aperçoit que ça n'a pas beaucoup changé de ce côté-là… On n'est pas vraiment dépaysés !

FICHE TECHNIQUE :

Alphonse Allais
L'affaire Blaireau (ni vu ni connu)
Roman
Librio n°43
129 pages
ISBN : 2-277-30043-8
1.90€ (Fnac)

MINI BIOGRAPHIE :

Alphonse Allais
1855-1905
Grand maître de la mystification. Ses romans et ses contes dénoncent le conformisme de son temps par l'application stricte d'une logique poussée jusqu'à l'absurde.

L'HISTOIRE :

Montpaillard est une petite ville bien tranquille au grand bonheur de son maire, M. Dubenoît. Mais, selon le baron de Haupertuis, c'est plutôt une ville qui s'ennuie. Une ville avec des habitants qui attendent un quelconque évènement pour pouvoir SE DISTRAIRE ! Mais c'est alors que…

Arabella reçoit des lettres d'amour d'un anonyme… Qu'elle est heureuse ! Un amoureux secret comme dans les romans…

Plus tard, Parju, le garde-champêtre est tabassé... Arabella est certaine que cet agresseur était monté sur le mur du parc pour pouvoir la voir dans sa maison.

Blaireau est un braconnier très malin qui n'a jamais été pris la main dans le sac. Et le maire est bien décidé à le mettre en prison coûte que coûte. Sous l'influence du maire, Parju dénonce Blaireau d'être son agresseur alors qu'il n'a rien vu.

Blaireau ? Ce serait Blaireau qui serait son fidèle admirateur ?...

ESQUISSE DES PERSONNAGES PRINCIPAUX :

BLAIREAU :
C'est le personnage principal, un braconnier trop malin pour se faire prendre. Héros malgré lui, tour à tour brigand, bagnard, saint et martyr… Ce bougre de Blaireau n'en demandait pas tant !

DUBENOÎT :
C'est le maire de Montpaillard. Il n'a qu'une envie : voir Blaireau derrière les barreaux. Il déteste tous ceux qui bouleversent l'ordre à Montpaillard, c'est-à-dire Blaireau et les révolutionnaires. Selon le maire, Montpaillard traverse une crise. On a changé l'esprit de sa population.

BARON DE HAUTPERTUIS : Il est en visite chez ses amis, les Chaville.

ARABELLA DE CHAVILLE : Incorrigible romantique, elle attend que son prince charmant vienne la chercher sur son cheval blanc.

FLECHARD : Professeur de gymnastique d'Arabella. Il n'a d'yeux que pour elle.

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ALLAIS PREND PARTI DANS L'AFFAIRE DREYFUS

C'est une satire sociale d'une brûlante actualité.
« L'affaire Blaireau » est écrite en 1898. C'est l'époque de l'Affaire Dreyfus… Souvenez-vous de cette affaire : Le capitaine Albert Dreyfus est accusé à tort d'espionnage. Le vrai coupable est le capitaine Esterhazy, qui fût acquitté par le conseil de guerre alors que de lourdes preuves pesaient sur lui.
Je pense qu'en écrivant ce livre, Alphonse Allais, dénonce la (l'in)justice de son pays. C'est sa manière de prendre parti sur l'Affaire Dreyfus, sans que ce soit flagrant. Souvenons-nous d'Emile Zola, qui prit ouvertement parti de l'Affaire, en écrivant « J'accuse » et qui a été condamné à 1 an de prison !
Grâce à cette histoire de « L'affaire Blaireau », on découvre un Alphonse Allais engagé et révolté devant tant d'injustice.

CRITIQUE DE LA JUSTICE

► ► Comment la justice veut résoudre l'affaire :

L'Affaire Blaireau est une erreur judiciaire. Blaireau est condamné mais il est innocent. Il a purgé entièrement sa peine. Mais le vrai coupable (je le nomme M. X pour ne pas dévoiler son nom à ceux qui ne le désireraient pas), rongé par le remord, se dénonce (un peu tard, juge Blaireau !). Mais sa première démarche pour être incarcéré fut veine. Elle se déroula comme ceci : le commis-greffier expliqua à M. X que le tribunal s'était certainement trompé en condamnant Blaireau mais que cette affaire ne concernait plus la justice… Seulement Blaireau et M. X. Pour le commis-greffier c'est à M. X de dédommager Blaireau en lui donnant vingt sous par jour en prison. Et le dossier est clos !

Lorsque M. X se dénonce au procureur, la chose ne se passe pas mieux ! « Juste au moment des vacances, c'est à cette époque là que vous choisissez de faire votre joli coup ! » Le procureur n'a que faire de cette affaire. Pour lui, M. X n'est qu'un emmerdeur qui vient le déranger pendant ses congés. Pour ce délit précis la peine a été purgée, que ce soit un coupable ou un innocent, ça n'a pas d'importance. Il n'y a pas à revenir dessus, l'affaire est classée.

CRITIQUE DU MILIEU CARCERAL FRANÇAIS

► ► Et seulement français : anecdote avec les anglais… Deux anglais se promènent tout au long du livre, pour voir l'innocent, et à chaque fois ils le trouvent dans une situation où seul un coupable pourrait se trouver (dans un cachot, entre des gendarmes…). Je comprends ces pauvres anglais qui sont bien déboussolés de voir comment un innocent est traîté en France mais nous, lecteurs, nous comprenons bien comment la situation a pu dégénérer à ce point…

► ► A plusieurs reprises dans le livre, les gendarmes sont pris pour des imbéciles. D'ailleurs, les commissaires sont décrits comme des grands dadais.

► ► Au moment où le directeur de la prison est assuré que Blaireau est innocent, celui- ci venait d'être libéré car il avait fini son temps de prison. Malheureusement pour lui, il n'eut pas le temps de quitter la prison quand il fut rappelé par M. Bluette pour remplir les formalités car celles qu'il a remplies auparavant sont celles qui le jugeaient coupable ! Mais comme il est innocent, il doit remplir de nouvelles formalités. (Les critiques sont plus flagrantes en lisant le livre. Hors contexte, c'est difficile de se rendre compte…)

► ► Extrait :

« A la prison de Montpaillard, les ex-menuisiers font de la menuiserie, les ex-cordonniers confectionnent ou réparent des chaussures.
Il y eu même pendant quelque temps un ancien concierge qui ouvrait la porte de la prison.
Indélicat, malheureusement, comme beaucoup d'anciens concierges, un soir, cet individu ouvrit la porte pour son propre compte et négligea de rentrer, bien que son temps de prison ne fût pas intégralement accompli.
Cette petite mésaventure n'exerça aucune influence sur M. Bluette qui continua l'application de son système, dans les limites du possible, bien entendu, car souvent surgissaient des difficultés. Exemple :
- Que faisiez-vous, mon ami, avant votre condamnation ?
- J'étais aéronaute, Monsieur, je montais en ballon dans les foires.
- Diable ! Je ne vois guère le moyen de vous utiliser dans cette branche, pour le moment.
- Le fait est que c'est un peu bas de plafond ici.
Et l'homme ajouta, non sans toupet :
- Dans votre jardin, là… vous ne pourriez pas ?... Je me contenterais d'un ballon captif, bien entendu.
- J'y songerai. »

CRITIQUE DE LA PRESSE

► ► Exagération des journalistes :

Les journalistes sautent sur l'Affaire Blaireau : un scandale à Montpaillard, une grave erreur judiciaire… Grave ? N'exagérons rien ! Ce n'est qu'une petite affaire d'agression mineure dont le suspect a pris 3 mois de prison ! Qui plus est, dans une charmante prison avec quelques commodités tous les matins (pour plus de détails, il faut lire « pour les curieux qui veulent en savoir plus »). Ces journalistes, qui veulent faire vendre leur journal, ne l'oublions pas, transforment cette mineure affaire en une affaire d'état ! Les 3 mois de prison deviennent des années… L'innocent devient un martyr… Les agréables conditions dans lesquelles il vécut son séjour deviennent des conditions invivables…

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QUELQUES MOTS SUR LE STYLE D'ECRITURE :

C'est un livre très agréable à lire car il y a beaucoup de dialogues, ce qui rend le texte beaucoup plus vivant. L'adaptation au cinéma n'a pas dû être beaucoup retouchée car le scénario est déjà là.

REMARQUES DIVERSES :

☼ Pour introduire le livre, Alphonse Allais publie une lettre qu'il adresse à son ami Tristan Bernard avec qui il avait collaboré à l'écriture de « Silvérie ou les fonds hollandais ». Cette lettre n'est rien de plus qu'une dédicace.

☼ L'auteur se permet tout :
- Il joue avec le temps… et avec le lecteur : « Mesdames et messieurs les lecteurs, en voiture ! Usant de cet admirable privilège que possèdent les romanciers de transporter sans bourse délier et instantanément la masse de leurs lecteurs dans les endroits les plus lointains, je vais, pour quelques heures, vous arracher à cette agréable villégiature de Montpaillard où nous venons de passer ensemble une dizaine de … chapitres. Donc, nous voici à Paris. ».

- Et quand M. Allais n'a pas envie de rédiger une description, et bien… il ne le fait pas !
« ……………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………...
Ces deux lignes de points remplacent pudiquement les détails de l'installation de la gracieuse Alice dans la belle chambre bleue […] ».

☼ On imagine très bien De Funès dans le rôle de Blaireau. On dirait que le rôle a été écrit pour lui. Il lui colle totalement à la peau. Les termes qu'emploie Blaireau « saligaud » « triple andouille » sont aussi les termes de De Funès dans ses films.

☼ Avant de débuter chaque chapitre, l'auteur décrit vaguement ce qui va se passer dans le même chapitre. Je vous donne un exemple :
« Chapitre VII
Dans lequel un drame demeuré des plus obscurs jusqu'à ce jour apparaîtra limpide comme eau de roche. »
C'est un peu énigmatique. C'est encore un point qui marque l'originalité de l'œuvre. Quand ça reste flou comme ceci, c'est bien, mais quelques fois c'est trop clair et ça gâche un peu l'effet de surprise. C'est pour cette raison que je l'ai mis dans « les plus » et « les moins » à la fois.

☼ On a vraiment l'impression d'être spectateur de l'histoire. Tout se déroule devant nos yeux et l'auteur nous emmène au cœur de Montpaillard.

☼ Ce roman existe aussi en pièce de théâtre et a été joué par Bach, le comique des années 20, entre les deux guerres. J'imagine bien ce livre adapté en pièce de théâtre : Les dialogues sont déjà écrits, il n'y a pas beaucoup de lieux dans l'histoire (3) et l'exagération d'Allais colle très bien au théâtre. Je pense qu'il pourrait y avoir un bon jeu d'acteurs…

☼ Au cinéma : en 1923 puis en 1931.
1931 :
Réalisateur : Henry Wulschleger
Scénariste : Alphonse Allais
Acteurs : Bach, Alice Tissot, Charles Montel.
Il s'agit de la première sortie mondiale.

Le film : « Ni vu ni connu » avec Louis de Funès.
Quand j'étais petite, mon père me racontait qu'il avait vu le film et que dedans, il y avait un chien qui s'appelait Fous le camp. Il y avait même une réplique dans le film qui était « Fous le camp, viens ici ! » Il y a de quoi être déboussolé !

COUVERTURE DU LIBRIO (ancienne édition):

En couverture, c'est une photo de Louis de Funès dans « Ni vu ni connu » de Yves Robert. C'est une photo en noir et blanc et De Funès est assez jeune. Déjà grisonnant… mais assez jeune. Il est habillé humblement et porte un béret. Il tient une cigarette à la main. Attention lecteurs : fumer tue ! (J'espère que ceux qui fument en me lisant, on éteint leur cigarette !) Pour en revenir à De Funès, il a une expression bienheureuse : un léger sourire sur les lèvres et un haussement de sourcils…

EN RESUME :

J'ai beaucoup aimé, ce n'est pas un grand livre mais ça change de la littérature en général. C'est du jamais vu. J'ai été agréablement surprise.

☺LES PLUS : humour, plaisant, très facile à lire, originalité du récit, chapitres très courts, description de chaque chapitre au début de ceux-ci.

☻LES MOINS : description de chaque chapitre au début de ceux-ci.

Finalement, tout ce bruit à Montpaillard est la faute de Parju, sa déposition est la cause de la condamnation de Blaireau, et, par suite, de tout ce scandale. C'est lui qui accuse un innocent. Cet innocent a purgé sa peine c'est ce qu'on appelle une erreur judiciaire d'où le titre : l'affaire Blaireau.
J'ai imaginé un plan (je commence à en prendre l'habitude). Après les étoiles, vous pourrez découvrir :
**Pour les curieux qui veulent en savoir plus : je vous dirai qui est le coupable…
** Pour les curieux qui veulent en savoir encore plus : je vous dévoilerai LA FIN.

Pour ceux qui arrêtent leur lecture ici, je vous dis au revoir et rendez-vous au prochain avis !

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POUR LES CURIEUX QUI VEULENT EN SAVOIR PLUS OU QUI EST LE VRAI COUPABLE ?

Blaireau n'a jamais cessé de clamer son innocence et purge sa peine de 3 mois à la prison de Montpaillard, une bien curieuse prison, dirigée par Bluette.

Arabella, qui est persuadée que son amoureux secret n'est autre que Blaireau, lui envoie tous les jours à la prison, un panier rempli de douceurs.
Mais Fléchard, qui découvre les agissements de sa belle lui annonce que ce n'est pas Blaireau l'auteur de ces lettres enflammées. Mais qui alors ? Et bien c'est lui-même ! Et c'est aussi lui qui a tabassé Parju parce qu'il voulait apercevoir sa belle à travers sa fenêtre. Arabella est aux anges. Mais il faut que Fléchard se conduise en brave et se dénonce ! « Quoi de plus beau que d'affronter les tribunaux et la prison pour celle qu'on aime ! » Fléchard se dénonce pour l'amour d'Arabella car comme il le dit « Sans prison, pas de mariage ».

ATTENTION : Je fais un grand espace pour que ceux qui ne veulent pas lire la suite ne soient pas tentés de survoler… et que par malheur, leur œil trop curieux s'attarde sur mon texte…
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ATTENTION bis : Dans le prochain paragraphe je vais dévoiler LA FIN !
Moi je sais que je n'aimerais pas savoir la fin mais je la raconte quand même pour ceux qui ne comptent pas lire le livre ou pour ceux qui l'ont lu et qui ne se souviennent plus. Donc pour ceux qui veulent se rafraîchir la mémoire...

POUR LES CURIEUX QUI VEULENT EN SAVOIR ENCORE PLUS OU LA FIN DE L'HISTOIRE :

Blaireau est donc innocenté et sort de prison (non sans mal !). Il devient le héros victime d'une erreur judiciaire, le martyr qui a purgé « des années de prison » pour un délit qu'il n'a pas commis. Et Blaireau aime qu'on le prenne en pitié, il en redemande et porte fièrement le drapeau des persécutés.

Pour Fléchard, que c'est difficile d'entrer en prison ! Le magistrat, M. Lerechigneux refuse de le juger car pour lui, l'affaire est réglée, il y a eu un coupable (même s'il est innocent !) qui a purgé la peine prévue pour CE délit. Le dossier est classé, on n'en parle plus…
Finalement, Arabella ne veut plus que Fléchard aille en prison. Elle ne veut pas être séparée de lui. Et puis, tous les efforts qu'il a accompli pour purger sa peine… Ça lui suffit.

Blaireau nage dans le bonheur, le baron de Hautpertuis lui a même organisé une fête en son honneur dont les fonds lui sont destinés. Blaireau est heureux, il va amasser une fortune grâce à cette affaire !
Le maire, qui garde un œil sur Blaireau pour ne pas rater l'occasion de le coffrer, a placé des gendarmes dans les massifs du parc où se déroule la fête ; « les gendarmes font toujours très bien dans les massifs ! »
Parju a été chargé d'encaisser 5 francs à chaque entrée, sauf à ceux qui apportent leur concours à la fête. Tous ceux qui sont venus ont dit qu'il apportait leur concours donc Parju n'a rien encaissé. Quand Blaireau s'en aperçoit, il ne peut s'empêcher se jeter sur Parju, en lui disant : « Ça ne t'as pas suffi de me jeter en prison, il fallait aussi que tu me ruines ! » M. le maire qui avait observé la scène, ne manqua pas de faire arrêter Blaireau pour avoir tabassé Parju. Désormais, Blaireau ne pourra plus nier qu'il a tabassé le garde champêtre ! Mais Blaireau ne retournera pas en prison car il ne doit rien à la société, il a payé d'avance !

AUTRE EXTRAIT :

« -Ah, nom d'un chien ! C'est trop fort ! Non seulement j'ai fini mon temps, mais encore je suis reconnu comme innocent, et on ne veut pas me lâcher ! C'est trop fort ! Mille pétards de bon sang ! C'est trop fort ! On n'a jamais rien vu de pareil !
- Mon cas à moi, s'écria Fléchard, est encore plus fort ! Je suis coupable et on ne veut pas me coffrer !
- Mon pauvre ami, dit Bluette, si on devait mettre tous les coupables en prison, on n'y arriverait pas.
- Ah ! Elle est propre, la justice ! Pauvre France ! »

Ceci est l'histoire principale, mais il y a d'autres petites histoires avec Bluette et Alice, le baron et Delphine de Serquigny (comme vous le voyez, il y a bien des personnages que je n'ai pas abordés… Pour garder du suspense !)… Des histoires très plaisantes à lire et qui ne manquent pas de quiproquos.

Voilà ! J'espère que ça vous a plu !